La Moins’hard de Fabien

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Le week-end du 4 juillet j’ai participé à la Moins’hard, une épreuve de la Montagn’hard qui se déroule à Saint Gervais. 40km, 3400m de d+, voilà ce qui nous attend. Ce qui est une course de montagne à la réputation difficile, devient une autre épreuve quand la canicule qui sévit en France depuis plusieurs jours va se rajouter aux éléments à gérer durant la course.

la moins hard profil

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Warm’up

Le jeudi, sur la page Facebook de la Montagn’hard, les organisateurs nous avertissent que la chaleur sera bien présente, rajoutent au matériel obligatoire le couvre chef, une réserve d’eau de 1,5l, et nous prodiguent des conseils liés à la gestion de la chaleur. Le ton est donné.

la moins hard 8

J’arrive le vendredi en début d’après midi sur Saint Gervais pour récupérer mon dossard. Il fait une chaleur étouffante, le moindre effort me rappelle qu’il fait 38 degrés. Je récupère mon sac avec mon t-shirt, mon dossard, et un gel OVERSTIM.s antioxydant. Le soir, une assiette de pâtes, je prépare mes affaires pour le lendemain et dodo !

Le lendemain matin je m’habille, crème Nok sur les pieds, un café et c’est parti sur le lieu du départ. Nous nous garons à l’entrée de Saint Nicolas de Veroce, et une navette nous dépose près du départ. Il est 7h, il nous reste une heure pour profiter de l’ambiance, voir le départ des courageux concurrents du 60km et manger mon gâteau PunchPower chocolat coco.

la moins HardIl est 7h30, nous remontons tranquillement vers le départ qui se trouve à environ 150m, sur le chemin nous rencontrons Sébastien Chaigneau, qui est le parrain de l’épreuve. Je lui demande si cela est possible de faire une photo avec lui, très gentil, accessible il accepte et discute avec nous, nous donne des conseils pour la course, nous assure qu’il va falloir boire beaucoup pour pouvoir tenir.   Il sait de quoi il parle la semaine précédente il a participé au 80km du Mont-Blanc, terminé à la 10ème place sous la chaleur également.

7h50 l’aire de départ est pleine de trailers près à en découdre, le speaker,Ludovic Collet chauffe la foule, ça détend et met à l’aise tant nous savons que la journée sera longue et éprouvante.

8H00: c’est le départ de la Moins’hard.

Top départ, c’est parti, nous traversons le village de Saint Julien de Veroce, passons devant la magnifique église baroque,  et profitons des derniers mètres tranquilles. Après quelques centaines de mètres nous bifurquons sur la gauche sur un petit chemin, qui commence à grimper, c’est parti pour la première côte. A ce moment de la course, et jusqu’au 5ème Km, les bâtons sont interdits. Nous montons dans un petit bois, relativement au frais, pour ensuite déboucher sur des pâturages, pistes de ski l’hiver à en juger les remontées mécaniques. Les côtes n’ont rien à voir avec ce que l’on peut trouver en île de France, même si celle ci n’est pas particulièrement technique ou raide on prend directement 400 de dénivelé positif sur 3km, pour ensuite une descente sur 5km ; mais ce n’est rien, le meilleur est à venir. 

Les points d’eau potable nous sont signalés sur le parcours, si a ce moment la chaleur est supportable, j’en profite quand même pour mouiller mon bandeau de tête à chaque fois que je trouve une fontaine. Ma stratégie d’hydratation était de partir avec 1,5l de boisson Hydraminov, et 2 flaskes de 0,5l d’eau pour boire avec la nourriture et pour m’arroser, boire toutes les 10 minutes au minimum. Evidement quand tout va bien.

1er ravito : les Toilles.

Fin de la 1ère descente, pas super technique mais assez raide par endroits, et c’est donc assez difficile de courir beaucoup. On enchaine avec une 2 ème « petite montée » 3,5km et 500m de dénivelé qui précède la descente de 2km, avant d’arriver au ravitaillement des Toilles à 12km du départ. Les sensations sont bonnes, mais il faut être vigilant car je ne suis pas « large » avec les délai, juste 10min d’avance.

Au ravitaillement je refais ma poche à eau, remplis mes flasques et nous repartons, pour l’ascension du Prarion, nous partons de 1180m d’altitude pour arriver au sommet à 1969m en 5km à peu près. La montée est régulière quelques passages sont un peu plus compliqués,avec quelques pierres à franchir, avec le vide sur la gauche, il est quand même important de rester lucide. A mesure que nous montons, on commence à deviner le panorama du massif du Mont Blanc et de la vallée de Chamonix qui nous attend haut. Nous sommes à l’ombre, au final la 1ère partie du parcours est ombragée honnêtement cela me va bien.

Les sensations sont toujoursla moins Hard bonnes, je fais attention à bien m’hydrater, prendre un gel durant la montée, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir en montant. Je met environ 1h35 à pour arriver en haut du Prarion et je prend quelques minutes pour profiter de la vue magnifique et vertigineuse qui nous est offerte. Je fais quelques photos, je mange un sandwich, des promeneurs nous disent que la descentes est roulante au début et un peu plus raide ensuite. Allez c’est parti, on descend sur le 2nd ravito, à l’auberge de Bionnassay.

La descente est un peu plus technique, assurément nous sommes dans la partie la plus difficile de la course avec l’ascension du Prarion et celle du la moins Hardcol de Tricot. La première partie de la descente est roulante et permet de courir un peu, je reste prudent, je double quelques concurrents, puis, après le restaurant ça descend plus fort. Je me tord un peu la cheville gauche, sans gravité, mais elle est partie quand même, c’est une alerte pour moi, la fatigue commence à se faire sentir sans doute, donc j’en profite pour bien m’alimenter pendant la descente et descendre tranquillement. je ferai la grande majorité de la descente seul, sans voir personne.

2ème ravito : Bionnassay.

J’arrive au 2ème ravitaillement après 1h de descente, cette 2ème partie s’est bien passée j’ai 20min d’avance sur les délai. La cheville ne me fait pas mal, mais il fait chaud et nous en sommes à 5h30 de course. J’en profite pour faire un gros ravitaillement, manger un petit sandwich avec du jambon cru et de la tomme de Savoie, une demi banane, et je bois 3 verres d’eau + coca et m’asperger d’eau. Les bénévoles de tout âges sont vraiment très gentils, accueillants c’est un plaisir de discuter quelques instants avec eux. Il y a du monde à ce ravitaillement et beaucoup de concurrents ne repartent pas. Il s’agit aussi du point de relai de la moins’hard en relai justement.

L’ascension du (terrible) col de Tricot.

Nous en sommes à 5h30 de course. Le début de l’ascension du col du Tricot est facile mais l’arrêt au ravitaillement m’as un peu rouillé et je me sens moins bien. Je continue à courir doucement jusqu’a ce que le route ne s’élève à nouveau. Je m’inquiète du fait que la direction du prochain ravitaillement est à l’inverse de la direction que nous prenons. Je prend conscience que la course viens seulement de commencer, que pour aller au col du tricot je vais grimper pendant 1h30 2h et qu’il fait de plus en plus chaud, bref je viens de me réveiller je suis sur la Moins’hard.

Même si je suis entamé je vais bien, les jambes sont un peu lourdes mais ça va. En fait ça me fait du bien de monter car les descentes sont cassantes et ce n’est pas le même effort.

A 6h25 de course je suis au km 27 il est 14H30 et il fait vraiment, vraiment chaud. Je me sens pas terrible, plus de jus. Je prend un gel GU Roctane, je bois de l’eau avec et temporise je me dis que ça va passer. Je monte et dès qu’il y a un peu d’ombre je m’arrête un peu pour récupérer.

la moins HardA ce moment la je suis en difficulté seulement ça va encore à peu près mais je dois mettre une vingtaine de minutes pour rejoindre le pont Népalais de Bionnassay. Juste avant, il y avait un pointage et et un ravitaillement en eau ( je sais pas comment sont arrivés les bidons de 20l d’eau à cet endroit mais chapeau aux bénévoles et à l’organisation.) Magnifique vue encore une fois et et passage sur le pont est impressionnant. Cette nature est magnifique et puissante et nous, tellement vulnérables.

Après le pont suspendu je me sens vraiment pas bien, je décide donc de m’arrêter. Je me dis arrêtes toi 5/10 minutes, mange du salé, regarde tes sms ce ne sera pas du temps de perdu. J’ai vu plusieurs concurrents assis sur le bord du chemin, avant moi et après, la chaleur fait vraiment de gros dégâts. Je repars après 7min de stop. Avant d’arriver au col de tricot, il me reste 500m de dénivelé, et un peu de plus de 2km en plein soleil avec peu voir pas d’ombre (mais je ne le sais pas à ce moment là).

Je vais mettre 1H10 pour faire ça. Douleurs abdominales, plus envie de manger ou boire, début de nausées et de maux de têtes, ma seule envie à ce moment c’est que cela s’arrête. Je n’ai pas envie d’abandonner mais j’ai envie que que ce soit finit. Avec le recul, je peux ajouter à tla moins Hardous mes symptômes le manque de lucidité. J’arrive au col de tricot dans une chaleur insupportable à 7h55 de course. Une équipe médicale nous attend en haut pour vérifier que tout va bien, en arrivant je me suis dis que je ne dois pas etre joli à voir et qu’elle va me stopper. Mais non, le médecin me demande si je vais bien, je répond que oui, ( lol ) mais j’ai chaud, et elle me propose de m’assoir un peu au bord de la descente ( du ravin plutôt ) il y a un courant d’air frais qui rafraichit ( un peu ). Je repars pour la descente qui s’annonce pas facile, 2km à 15%, qui durera 40min pour arriver à 5min de la barrière horaire. Des concurrents sont la mais ne repartent pas, seul un d’eux repartira derrière moi.

3ème ravito: Miage.

Je vais mieux, j’ai l’impression de me réveiller après une cuite! Je vais mieux mais je sais que c’est pas gagner, le début est roulant, en faut plat descendant, c’est agréable et joli à voir. Ensuite la pente s’accentue pour dépasser de nouveau de 15%. Tout de suite je prends moins de plaisir, au moins c’est ombragé. La descente dure jusqu’au km 37,5 et comme maintenant j’ai les quadriceps explosés, je subis pas mal et je sais qu’il reste 500m de D+ Comme la course est sensée faire 40km je sais pas où les organisateurs ont bien pu les caser. Sur Openrunner on voit bien que cette dernière montée dure du km 37,5 au km 39,9. je l’ai trouvé longue cette dernière cote, bien raide aussi, 45min pour en arriver à bout.

Pour finir, le dernier km en descente, ce qui dans mon état n’était pas mieux. Je fais la descente avec mon pote Nico qui est venu à ma rencontre, ça fait un bien fou parce que en fait depuis plus de 3h je n’ai pas beaucoup parlé et je passe la ligne d’arrivée avec mes potes et mes enfants ( qui couraient bien plus vite que moi) !

Au final sur Garmin Connect j’ai 41,42km en 10h50, avec sans doute un tiers des partants qui n’arriveront pas, ou ne seront pas classés. c’est une course avec un profil ultra sélectif, magnifique, l’organisation est au top, les bénévoles sont nombreux, accueillants, gentils et formidables. Je pense que cela aurait été une autre course sans la chaleur, mais elle était la même pour tout le monde, ce qui rend le fait tous les partants on fait un effort énorme pour atteindre leur limites, finisher ou non.

N’hésitez pas à vous inscrire l’année prochaine, c’est une course à l’ambiance familiale, vous trouverez une organisation à taille humaine prête à tout pour vous aider à aller au bout. Un grand merci à eux et un grand bravo à tous les participants de cette Montagn’hard 2015.

 

Et pour conclure voici ma vidéo de la course:

2 commentaires

  1. Charles (1 commentaires) le

    Bonjour Fabien,

    Super récit, on s’y croirait. J’envisage de participer à la Moins Hard, pourrais tu me dire comme tu t’es préparé ?

    • Fabien (9 commentaires) le

      Bonjour Charles,
      Merci pour ton message, je pense y retourner l’an prochain également, on s’y verra peut etre 😉
      Comme prépa, en habitant en idf, c’est quand même pas évident mais en gros je faisais une seance de VMA, une seance cool, de 1h15, une séance de côte j’ai fais jusqu’a 3h mais c’est lassant vu la taille des côtes ici, et une sortie longue. Avec le recul il me manquait du volume donc je ferai plus de rando course, plus d’entrainements en descente et du vélo, je dois encore y réfléchir lol
      si tu veux voir mes séance tu peux me suivre sur Strava > https://www.strava.com/activities/340994419

      @bientot

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