Compte rendu de mon Origole 2014

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Compte rendu de mon Origole 2014: 52km

Crédit L'Origole

Crédit L’Origole

 

C’était « la » course que j’attendais, après avoir fait plusieurs Trails de 30km, je voulais monter une marche supplémentaire et venir à bout de ces 52km. Faire plaisir à Bertrand, mon « Grumeau » qui me parle de cette course L’Origole depuis plus d’un an.

L’Origole est une course nocturne, considérée comme l’une des plus dures d’Ile de France, le dénivelé n’y est pas forcément exceptionnel, les réelles difficultés sont la boue qui est présente sur 80% du parcours et les conditions météo. Cette année Alternat’ure 3R a concocté 3 parcours, le petit Trail ( boucle 1 – 31km avec 8 portions de boue distance non précisé) le Trail ( boucle 1+2 : 31+ 21 km avec 18 portions de boue) et le Grand Trail: 82km ( boucle 1+2+3 avec donc beaucoup de boue). Pas de neige cette année, mais de la boue à ne plus savoir qu’en faire…

Origole - affaire

Une semaine de doute….

Durant la semaine précédente, j’étais stressé,  comment allais-je bien pouvoir m’habiller, les prévisions météo annonçant des températures plus basses chaque jour. J’ai fait chier plus d’un pote avec mes doutes. Mais c’est bien ma petite femme qui a eu les mots pour me rassurer à moins de 24h du départ. J’ai compris que mes doutes, venait en fait de ma peur de prendre ce départ, car je partais à l’inconnu.

Le jour J, la bonne humeur est là, et la rage également….

Samedi 18h10, c’est parti, Je récupère Bertrand, au passage, et on file chercher Kathleen à la gare. Un petit retour maison, avec la dégustation d’une petite crêpe, et c’est déjà l’heure de récupérer Ainga. C’est parti, direction le Perray en Yvelines. 30 minutes de route,  la bonne humeur règne dans la voiture, Bertrand à son habitude râle, et je me dis,si lui râle ce sera donc une bonne course ;). Sur place nous nous stationnons pas trop loin du départ. Les dossards sont vite récupérés grâce à une organisation au top. En dotation nous avons un Buff aux couleurs de l’Origole et un verre, car l’Origole se veut écologique. D’ailleurs nous signerons une charte en ce sens. Nous nous rendons dans la salle du Gymnase, un peu froide mais on sera bien content, entre nos deux boucles de trouver ce lieux couvert, pour nous changer si besoin est. En tout cas j’ai prévu de quoi ;).

L’attente….

Le Gymnase se remplit tranquillement, on termine de se mettre en tenu. Yoann, que l’on avait croisé lors de la route des 4 Châteaux arrive avec son pote Christian. A 6, nous fignolons notre stratégie. C’est décidé, on partira à 6 et quand un coureur se sentira trop dans le rouge, il lâchera le groupe pour prendre son rythme. Bon c’est quand le départ….

Le temps passe lentement. Après le brieffing, les coureurs sont invités à quitter le gymnase, et à regagner la ligne de départ qui se situe sur la route d’accès du Gymnase. Whoua,ca pique dehors. Il doit déjà faire 0°C voir  -1°. On passe devant un bénévole qui active nos puces collées sur le dossard et à 22h06 c’est parti….

On est plutôt  positionné en fin de peloton, cela nous va très bien car vu la température, il va falloir partir tranquillement pour se réchauffer. Le peloton démarre tranquillement et après 1km de route, nous nous enfonçons en forêt,  Aussitôt nous sommes dans la boue et c’est le 1er bouchon. les 1er kilomètres sont donc effectués à allure tranquille, on remonte timidement quelques places puis on se retrouve bloqué au 4ème kilomètre avec le passage d’un fossé. Quoi on est arrêté pour un pauvre fossé???? On perd Kathleen et Bertrand. C’est donc avec Ainga, Yoann et Christian que je continue. je me dis que Béber va vite revenir, et c’est le cas en effet, après 1 kilomètre, je me fais engueuler. Normal c’est de ma faute s’il traine à passer un fossé 😉 . Mais toujours pas de Kathleen…

Devant nous cela se décante, on commence à se sentir bien et l’on recommence à doubler tranquillement, surtout en descente. Avec Yoann, on envoie du lourd dans les descentes. ( A notre niveau bien entendu, on ne s’appelle pas Kilian 😉 ) Mais on grappille pas mal de place. Les montées sont gérées en marchant à un bon rythme. Je me sens vraiment bien,et me surprends même à avoir plus de jus que Bertrand. Je fais gaffe quand même au cardio et ne m’emballe pas trop, surtout que les nombreuses portions de boue attaquent les articulations et font grimper le cardio. Au 8ème contre toute attente, on récupère Kathleen dans une côte. « Ben t’es là toi??? » On te pensait derrière ». Madame avait pris le large ;). Bertrand lui lance « allez accroche toi au wagon on est parti, on est chaud là ». YoYo toujours devant, avec Christian qui le talonne, Bertrand à mes basques et Ainga normalement derrière dans cette petite ascension. C’est reparti, le parcours est de nouveau roulant. Bon avec de la boue mais roulant. Je fais le yoyo entre Yoann et Betrand. Je sens que Bertrand n’est pas à son ryhtme habituel. Est ce qu’à force de lui dire qu’il faut qu’on s’économise lors des entrainements, il met enfin mes conseils en pratique? Toujours est il que c’est lui qui ferme la marche, et quand je lui demande comment ça va, il m’envoie chi** signe que tout va bien ;). Au bout d’1h30 de course, on arrive à la 1ère barrière horaire située au Château des Menuls vers le 13ème kilomètre.

Origole - Château des Menuls - MEROU Photographie

Château des Menuls – crédit photo MEROU Photographie

Nous ne sommes plus que 4, on a perdu Ainga et Kathleen. J’espère qu’ils sont ensemble, car c’est plus facile de tenir à deux pour avancer. Pour nous tout roule, on déroule et on prend même le temps de poser à 4 devant les photographes. Les kilomètres qui suivent cassent bien, et les grimpettes s’enchainent. De mémoire on va bouffer du D+ jusqu’au 24ème. Notre groupe reste zen, et l’on marche à un bon rythme dans les côtes, les mains sur les cuisses qui commencent à piquer. Qui dit côte, dit descente, et je prends un max de plaisir en descente, avec mes Speedcross 3 qui collent à la terre la boue, c’est un régal. Arrive le 20ème kilomètre, 2h30 de course environ. Alors qu’on relançe après une côte, une portion de boue nous attend. Celle là est plus liquide et l’on en a jusqu’au dessus des chevilles. 1 pas, 2 pas et au 3ème je sens mon talon droit s’enfoncer dans la boue, le tendon d’achille en extention complète et la…..Comme un coup de couteau dans le tendon d’Achille. Je serre les dents, je me dis c’est rien, il est chaud, c’est pas comme si j’avais eu cette blessure cet été… Je me porte au niveau de Béber, prends la température, lui dit « bon je vais peut être ralentir », il n’y voit pas d’inconvénient et se met devant moi. On laisse Yoann et Christian qui sont devant prendre le large tranquillement. Lors du kilomètre qui suit la douleur passe, mais une nouvelle marre de boue nous attend,vlan une décharge électrique dans le tendon. Je comprends que c’est mort pour moi. Je dis à Béber que je suis dans le rouge, sans lui dire que c’est le tendon, dans un premier temps, mais il entend mes petits quinements et comprend vite que c’est le tendon. Je lui dis alors, de prendre le large, et il m’envoie chier. Je continue en alternant marche et course, mais les flaques de boue sont une torture, et impossible de les éviter. Dans ma tête, je comprends que cela va être dur de regagner le gymnase, et qu’il va m’être impossible de finir la boucle 2 sans finir d’achever ce tendon.

De la joie aux larmes….

Les larmes me gagnent, et c’est résigné que je dis à Béber: » Casse toi,finis la pour moi »… Il prend du temps, mais prend finalement le large et disparaît dans l’obscurité. Il me reste alors 9km à faire. J’arrive au niveau du signaleur, et me dis non, tu ne vas pas finir ton 52km comme ça, tu ne repars pas avec les secours, tu finis la 1ère boucle comme un grand. J’alterne donc la marche dans les portions de boue, et je trottine, dès que le terrain est un peu plus sec. Le tendon me laissant courir sans trop piquer sur ces portions. Les jambes sont là, quand je me mets à courir j’arrive à rattraper les quelques coureurs devant moi. C’est donc en faisant le yoyo avec une bonne vingtaine de coureurs, que je regagne progressivement le gymnase. Durant mes phases de marche, je regarde mon téléphone, réponds à quelques messages, appelle ma femme. J’occupe mon esprit qui n’est pas au top. Je me dis vivement que Kathleen et Ainga arrivent, peut être que je repartirai avec eux…

Les kilomètres défilent trop lentement, et je commence à avoir bien froid, le tendon est en feu. Alors qu’on sort de la fôret, un signaleur annonce, allez les gars dans 1 kilomètre c’est la fin de la 1ère boucle, plus que de la route, donc du dur, dans 1 kilomètre du chaud. Allez serre les dents et accélère. Et ça marche, les jambes sont là, le dernier kilo est fait à 11km/h de moyenne, ca faisait un bon moment que je n’avais pas atteint cette vitesse. Poussé comme un cheval qui sent l’avoine de son box, je remonte une quinzaine de coureurs. Je sais bien que cela ne sert à rien car je ne serai pas classé, mais pour le moral, j’en avais besoin. Besoin de finir cette boucle en moins de 4h. Besoin de me prouver quelque chose, toujours est il que je l’ai fait, j’ai tenu. Je passe la ligne de la boucle 1 sous les 4h. 3h59min 45sec. Soit 1 heure d’avance sur la barrière horaire.

Origole - speedcross3Je regagne l’endroit où sont déposées nos affaires  dans le gymnase, m’assoie, et fonds en larme, j’ai abandonné…
Sur le moment, je ne suis pas encore dans la phase où l’on se dit qu’on a abandonné pour éviter de se blesser plus. Non, j’ai abandonné comme une merde, car je n’ai pas du faire ce qu’il fallait pour préparer mon corps à surmonter cette épreuve. J’ai les boules car j’ai abandonné mon pote, alors qu’on devait la faire à deux cette course.

Au bout de 5 minutes je décide d’allez voir les organisateurs et de me déclarer hors course. Direction la douche, pour essayer de me réchauffer. A mon retour je retrouve Sébastien, l’Organisateur de la Raid Dingue. Il finit 4ème du 31km. Il n’était pas en forme d’après lui ;). Puis à 3h du mat, Kathleen arrive. « Qu’est ce que tu fais là??? ». Ben mon tendon m’a lâché au 20ème. J’ai dis à Béber de finir sans moi et toi?
Elle est arrivée juste à temps avant la barrière horaire, et les organisateurs lui ont conseillé de ne pas s’élancer sur la 2ème boucle, elle serait arrivée probablement hors délai.  Une demi heure plus tard c’est au tour d’Ainga d’arriver, hors délai également. Sa cheville n’a pas tenu, il s’est refait une entorse et a fini en marchant. Lui non plus n’a pas voulu pas rentrer avec les secours.

Yoann arrive peu après 4h du matin, il est finisher en 6h13, une vraie fusée ce Yoyo. Christian arrive 1 heure plus tard, Finisher également en 7h04. Toujours pas de Bertrand. Je m’inquiète, j’essaie de lui téléphoner, pas de réponse. Puis une demi heure plus tard, le voilà qui arrive, fatigué, transi de froid, mais Finisher en 7h27. Je joue alors le rôle du St Bernard et l’amène au ravito pour qu’il se réchauffe et reprenne un peu de force.

On refait nos courses, et on se redonne rendez vous en 2016.

 

Mention spéciale pour l’Organisation, qui selon moi a été au top, que ce soit au niveau de la prise en charge au gymnase, aux ravitos ( manger du bon fromage avec de la charcut à 3h du mat ça fait un bien fou), ou aussi sur le balisage ( de la 1ère boucle pour ma part) car je n’ai pas eu à chercher mon chemin. Ceux qui ont attaqué la seconde boucle se sont sentis un peu déboussolé quant au chemin à suivre pour sortir du gymnase, un fléchage sera peut être à prévoir pour les prochaines éditions. Et oui un coureur après 30km d’effort, n’a plus toute sa tête,ni ses jambes 😉

En tout cas, je reviendrai, car j’ai aimé cette ambiance, ce parcours rendu si difficile par la boue, et j’ai un défi…… avoir mon Tee-shirt de Finisher (52km) voir le bonnet (84km) ;p

 

Comme dirait Seb, l’Organisateur de la Raid dingue: « moi je dit que l’Origole, ça ne rigole pas »
Je vous dis à bientôt sur une prochaine course, en attendant je vais remettre mon tendon d’Achille d’aplomb 😉

 

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L’Origole et quelques stats:

31.3km 273 partants pour 209 classées,
sur le 52.4km 176 partants pour 87 classées.

sur le 84.6km 329 partants pour seulement 159 classées.

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3 commentaires

  1. Running-Addict (25 commentaires) le

    Bon bah ca c’est fait… Maintenant bien se soigner, pour revenir plus fort en 2015! Je suis loin mais je continue de te suivre, j’attends de revoir des belles semaines d’entrainement pour la prépa de l’Ecotrail entre autre!!

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