Compte rendu de l’OCC 2016 par Fabien

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En début d’année, j’étais tellement absorbé par ma préparation pour le marathon de Paris que je me suis inscrit sans conviction au tirage au sort pour participer à l‘OCC 2016. N’y croyant pas trop, l’objectif étant assez lointain, cela était resté assez anecdotique, pour preuve j’en ai seulement parlé à Jerem  au mois de mai en parlant de tout et de rien. Et voilà j’ai été tiré au sort, alors quand faut y aller …

Chamonix, un week-end de l’UTMB.

OCCJ’arrive sur Chamonix la veille de la course, une ambiance de folie règne dans la ville. Il n’y a rien de comparable avec le week-end du Marathon du Mont blanc, la foule présente est énorme. Je file récupérer mon dossard et mon sac coureur au gymnase. Le timing est assez serré et je veux être tranquille  juste avant le départ le lendemain à Orsières. Le maître mot du week-end pour les organisateurs est l’organisation, et elle est vraiment excellente, bien huilée je n’ai rien à dire là-dessus.

Je montre mon matériel obligatoire à un bénévole. Tout va bien, j’ai bien préparé mes affaires, je savais qu’ils sont assez psychorigides avec ça. Je me dis qu’il est un peu dommage de se balader avec une veste imperméable vu la chaleur annoncée mais bon c’est la montagne, les conditions sont les mêmes pour tout le monde. Les bénévoles sont souriants, expliquent bien toutes les consignes. On se sent vraiment bien à Chamonix. Me voilà équipé du sac, qui contient un T-shirt Columbia technique de superbe qualité, il me semble que c’est le même pour tous les participants aux courses de l’UTMB.

OCCVoilà, il ne me reste plus qu’à passer sur le salon du trail, qui n’est pas si énorme que je me l’imaginais. Il est sensiblement de la même taille que celui de fin juin, si ce n’est le nombre de représentants de courses qui lui est plus important. Je passerai l’après-midi ici et sur les courses enfants, qui sont déjà très impressionnants, d’entrain et vélocité.

Le point sur l’OCC, la « petite » course de l’UTMB.

OCC55km, 3500m de D+ et encore plus de 30 degrés. Encore 30 degrés, la chaleur qu’il fait je me rappelle les sensations que j’ai eues lors de Moin’hard de 2015 à St Gervais où la canicule de début juillet 2015 avait été terrible. Et comme je n’aime pas trop la chaleur, c’est encore bien ma chance… Le point positif, c’est que je me suis bien renseigné sur les causes de mon coup de chaleur de l’année dernière aussi j’espère mieux le négocier si besoin.

Je pensais également que le parcours serait plus accessible que celui de la Moin’hard, qui ne fait que 40km pour sensiblement le même dénivelé, mais en fait les 10 derniers km de l’OCC sont en descente… donc non l’OCC ne sera pas moins facile. Une grosse partie du parcours est en Suisse, c’est évidemment magnifique. Je le trouve un peu moins sauvage que la Moin’hard mais aussi beau. Il emprunte en grande partie la dernière partie de la CCC et de l’UTMB, ces courses mythiques auxquelles beaucoup de trailers rêvent de participer. Preuve aussi que ce n’est pas que la petite course de l’UTMB, c’est le plateau d’athlètes avec Xavier Thévenard ( vainqueur de toutes les courses de l’UTMB ) Thibault Baronian ( team Salomon ) Dawa Sherpa, etc… du beau monde .

Le jour J

OCCRéveil un peu avant 4h du matin pour prendre la navette de bus de Chamonix à Orsières ( eh oui va falloir rentrer à pied). Arrivé non loin du départ, les derniers dossards sont distribués, les toilettes sont en place et prises d’assaut, pas de doute c’est ici que ça se passe. Le départ est à 8h et l’organisation offre même le café avant le départ. Vers 7h30 nous nous mettons en route vers la ligne de départ située au centre du village.

Le départ est donné dans une ambiance festive et c’est parti pour 55km et surtout la chaleur que je redoute tant. Le départ est « assez roulant » ; des enfants des écoles d’Orsières sont sur le parcours à nous taper dans les mains, ils sont nombreux et j’ai trouvé ça sympa, tout le village est dehors, c’est vrai dans tous les villages que nous traverserons.

Le départ !

OCCJe pars assez tranquillement avec mon pote Manu, mais dans la montée vers Champex nous nous perdons de vue, je ne le vois plus, car il y a du monde. Je ne suis pas inquiet pour lui. Il a toujours un coup de moins bien assez tôt, moi un peu plus tard et en général on arrive ensemble lol. J’arrive à Champex en 1h35 environ, je fais le plein de mes bidons, ainsi que d’une flasque supplémentaire pour avoir 2l de liquide sur moi. Je commence à m’arroser aussi, je n’ai pas excessivement chaud, mais ça peut venir vite. J’en profite pour me battre avec mes bâtons que je jetterai à la poubelle, car ils ne se dépliaient plus … bref l’OCC se fera uniquement sur les cuisses (un peu énervé quand même…). La grosse partie de la course arrive maintenant et sur les prochains 27km avec 2 grosses ascensions (et les descentes), le prochain ravito est dans 17km.

Cette portion de 17km je la fais en un peu plus de trois heures, (en faisant la descente en toute prudence la journée est encore longue), ce qui me fait  un peu moins de 5h de course( à mi-parcours) pour 27km. Je suis content car je me sens bien et je sais que le ravito va me requinquer un peu.  A Trient je me pose un peu, une petite vingtaine de minutes, pour manger un peu plus solide et me remettre de la crème solaire. Le speaker parle de la prochaine montée vers Catogne. Cette dernière est assez dure et  surtout en plein soleil, comme il est 13h il ne va pas faire froid…

Je me sens super bien, le ravito m’a requinqué et j’entame la montée plein de confiance. Mais il fait chaud, je transpire pas mal, par conséquent je bois beaucoup. Après 45 minutes de montée, peut être un tiers de montée vers Catogne, je commence à avoir un peu mal au ventre et  suis en manque de jus. C’est le coup de chaud  qui arrive, manque de sel, va falloir gérer. Je ne cache pas qu’à partir de là et les 2h suivantes je doute et ne prends pas beaucoup de plaisir, mais je sais que je peux gérer. Je mange salé, je bois doucement, j’essaie de rester régulier dans mon alimentation.

OCCLa fin de la montée et la descente vers Vallorcine sont dures, mais j’essaie de rester positif  en profitant du paysage avec en vue le barrage d’Emosson. Je perds pas mal de places (une centaine) sur cette partie, et j’attends le ravito avec impatience. A Vallorcine ce n’est pas la forme encore, je repars tranquillement en marchant sur le faux plat qui mène au col des Montets. Pas grand monde me double, je suis souvent tout seul sur cette partie qui va durer une petite heure. Je me sens un peu mieux et je sais que nous ne sommes pas encore arrivés.

OCCL’avant dernière montée et sa descente ne sont pas faciles non plus. Je suis bien content de m’être refait une santé avant. Je rattrape pas mal de monde, des gens qui ne peuvent plus s’alimenter, qui vomissent sur le bord du chemin. Jusqu’au bout ce ne sera pas un cadeau cette OCC. Je grimpe à mon rythme en compagnie d’un groupe avec qui la discussion fait mieux passer la pente. Entre Vallorcine et La Légère je remonte 60 places. Je sais que les délais sont larges, mais comme je me sens bien, je n’ai pas envie de traîner au ravito. Je prends un peu de soupe, remplis un bidon de coca, eau gazeuse et eau plate,  un autre avec un peu d’eau.

J’entame la descente vers Chamonix pour arriver avant la nuit, je rattrape 50 places dans la descente, qui durera 1h10 environ. L’arrivée dans Chamonix est incroyable. Plus de 7h après Thévenard j’ai l’impression que je suis le gagnant de l’UTMB, une ambiance de dingue c’est vraiment à vivre.  Après l’arrivée, j’ai la surprise de recevoir une softshell sans manche Columbia brodée OCC 2016. Vraiment sympa je ne m’y attendais pas, preuve que l’OCC n’est pas « que » la petite course de l’UTMB.

OCC

 

Je finis l’OCC 2016 en 12h33, à la 948ème place sur 1250 arrivants et 1500 partants environ. Globalement content.  C’est sûr que le coup de chaleur m’a coûté beaucoup de temps. Beaucoup de positif d’un point de vue personnel, notamment dans la gestion des incidents de course et sur ma préparation. Je n’ai pas fait une seule séance de côtes depuis le début de l’année, comme quoi il existe des moyens pour terminer un trail de montagne tout  en habitant la région parisienne.

 

 

Un grand merci à l’organisation, qui a été au top et à ces bénévoles qui tout le week-end ont servi des coureurs plus ou moins aimables, mais eux sont là avec le sourire. Je recommande vraiment cette course qui est accessible, magnifique et c’est la 1ère marche vers les autres ultras de l’été dans nos belles montagnes.

4 commentaires

  1. PxlTri (5 commentaires) le

    Félicitation ! Très belle course de ta part et les photos sont magnifiques !
    Au vu de ta prudence dans les descentes, as tu déjà rencontré des problèmes (blessures, chutes…) ?
    J’ai un trail sensiblement équivalent dans 3 semaines et je commence un peu à flipper… J’espère gérer les coups de moins bien comme tu l’as fait. As tu des petites astuces à me conseiller ?

  2. Fabien (9 commentaires) le

    Merci pour ton message 🙂
    Habitant en plaine je trouve que notre gros soucis c’est les descentes, la contraction excentrique crée beaucoup de dégâts sur les muscles et à la fin souvent tu es content de monter…. du coup pour préparer l’OCC je n’ai pas fait de séance de côtes, mais beaucoup de renforcement ( chaise, flexions etc ) en préfatigue sur des séance de fractionné sur piste. Pour les coups de moins bien, j’ai me beaucoup lire les publications d’Alain Roche sur Facebook et si on s’alimente correctement en glucides, le problème viens souvent ( surtout en cas de chaleur) d’un manque de sel ou alors trop de sucres et trop rapidement ce qui faire faire le yoyo à ta glycémie, donc mon conseil c’est de ne pas oublier le salé aux ravito et de fractionner tes prises d’aliments en solide toutes les 20min mais en petites quantités. tiens au courant pour ta course, et profite 😉
    Fabien

    • pxltri (5 commentaires) le

      Merci pour tes conseils.
      Il est vrai que sur les ravitos je me gave plutôt en sucre ^^ putain de gourmandise… Il va falloir que je me fasse quelques sorties avec des TUC dans le sac, pour m’habituer au salé avant le grand trail du Sancy !

  3. Benjamin (1 commentaires) le

    Merci beaucoup pour ce récit, tu cites ce trail comme étant une bonne première marche vers d’autres trails de montagne mais il faut quand meme des points pour s’y inscrire (3 cette année encore mais 4 pour 2018), quelles courses qualificatives avais tu fait ? Merci d’avance

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