Retour sur l’IRONMAN de Maastricht-Limburg 2016

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Ca y est, de retour de la province de Limburg à cheval sur la Belgique et les Pays-bas avec Julien où nous venons de terminer l’Ironman de Maastricht, une incroyable aventure riche en émotions, avec des moments forts de joie mais aussi cauchemardesques lorsque les orages se sont invités à la fete. Cette aventure n’est désormais plus qu’un souvenir, mais quel souvenir!! Organisation époustouflante et millimétrée, course dantesque et ambiance digne des plus grands rendez-vous sportifs, émotions garanties. Retour en détail sur le rêve de tout tri-athlète, devenir FINISHER d’un Ironman.

Retrait des dossards et mise en place…

ironmanComme tout triathlon, la course commence en réalité la veille avec la mise en place du vélo dans le « parc à vélo » et la confection des sacs de transitions, un oubli et la course vire à la catastrophe. C’est la raison pour laquelle la pression est déjà présente au moment du retrait des dossards. Le retrait se fait sous de grands barnums, l’organisation est au poil, les bénévoles sont tous souriants et très sympas. Les goodies: le sac Ironman, rouge et noir cette année, et une flasque souple. Une fois le dossard en poche, direction la sortie, pour cela il faut traverser la boutique officielle Ironman, c’est la que la carte bleue flambe, visière, T-shirt, sweat, serviette, mugs, etc…. Une vraie boutique de souvenirs où tout est floqué Ironman Maastricht.

La mise en place du vélo et des sacs de transition est tout aussi millimétrée. L’entrée dans le parc se fait avec le casque attaché sur la tête et le dossard à la taille. Une fois rentré, passage au premier contrôle, et là tout y passe, poids du vélo, contrôle des bidons, des prolongateurs, position du dossard et pour finir la prise en photo qui servira pour sortir après la course. Nous voila dans le parc où 2000 vélos sont suspendus aux barrières, c’est très  impressionnant. En deuxième temps vient la mise en place des sacs, d’abord le T2 (vélo –> course à pied) puis le T1 (natation –> vélo), avec pour ma part le premier couac, un des autres participants a mis ses affaires de transitions sur mes emplacements. Lorsque je vais voir un des responsables de la sécurité du parc, il me dit: « pas de problèmes, retirez les et posez les par terre ». Du coup plein de questions me passent par la tete, est ce que je vais retrouver mes sacs sur mes transitions, ou est ce que ce concurrent partira avec mes affaires de vélo si il sort de l’eau avant moi…. Enfin bref, je fini par me dire que je verrai bien tout ça demain. Voici donc tout le matos mis en place, dernière lecture de la check-liste pour être sur de ne rien avoir oublié et nous voici de retour à la location où une bonne soirée nous attend, repas chargé en sucres lents et couché de bonne heure avec une forte envie d’en découdre et des rêves plein la tête.

Jour J: L’IRONMAN de Maastricht-Limburg

Le réveil sonne après avoir passé une nuit blanche à cause du stress et du trop plein d’énergie probablement. Le petit déjeuner est avalé rapidement, crème sport-dej avec tartine au beurre de cacahuète. Le trajet vers la zone de départ est lourd et pesant, pas un mot, la tension est à son maximum.

La Natation:

ironmanIl est 7h00, le premier départ est donné, celui des professionnels, les voila parti pour les 3800m de nage dans la Maas, le fleuve qui traverse Maastricht. Leur départ lance le compte à rebours pour nous, plus que 15 minutes, les sentiments se mélangent, la peur laisse la place à l’envie tout en gardant une petite place pour le doute. H -5 minutes, une petite larme coule sur ma joue lorsque je repense à tous les sacrifices fait pour en arrivé là, ici, au départ de mon premier Ironman, sacrifices mental, physique et surtout social. La musique et la ola déchaînent les foulent, ça y est le top est donné. Le départ ne se fait pas en ligne contrairement aux départs classiques, chaque triathlète part à la chaine toutes les 3 secondes, l’eau est bonne et le courant n’est pas trop fort. Le parcourt est simple, on remonte le courant sur 1900m, à mi-chemin on sort de l’eau pour un petit passage d’une dizaine de mètres sur une ile et la c’est le « tapis roulant », la descente du courant sur les 1900m restant. Le temps est plutôt nuageux et lors de la deuxième partie de nage l’esprit est déjà focalisé sur la sortie et la partie vélo qui nous attend. Le point avantageux de cette partie natation est de faire un aller-retour en fleuve, même si on doit lutter contre le courant à l’aller on rattrape le retard au retour avec ce même courant dans le dos, le fait de longer les berges nous permet de nous concentrer sur notre nage et de ne pas se soucier de l’orientation, on est en permanence guidé par la berge. Le départ à la chaine est également un point positif à mon sens car cela évite la fameuse « bagarre » ou tout le monde se monte dessus pour sortir la tête de l’eau, même si les puristes diront qu’un vrai départ de triathlon se fait en ligne avec une belle « bagarre ». Il me faut 1h05 pour parcourir les 3800m de la partie natation et sortir de l’eau. La sortie est un peut bancale, le passage rapide de la position horizontale à la position verticale me fait tourner la tête mais physiquement je suis super bien, pas encore entamé. Il faut dire que la natation est mon point fort et la course commence réellement pour moi à ce moment la. Le chemin qui nous sépare de la sortie de l’eau jusqu’au parc à vélo est un peut long, environ 300m, mais les gens sont tellement encourageants que l’on savoure ce moment. Pour mon premier Ironman j’ai fais le choix de privilégier le confort à la performance, c’est pourquoi j’ai opté pour un changement complet de tenue pour chacune des trois disciplines, pas de tenue tri-fonctions, je perds donc un peu de temps sur ma première transition le temps de me sécher, d’enfiler ma tenue de vélo et de m’alimenter.

Le vélo:

ironmanIl me faut donc 13 minutes pour sortir du parc à vélo. Le parcours vélo se compose d’une boucle de 90 Km à faire donc deux fois, avec un dénivelé positif total de 1400m. (et oui les pays-bas ne sont pas aussi plat que ce que l’on peut croire) Les vingts premiers kilomètres se passent bien, la météo est très nuageuse mais stable et sans vent, la première difficulté pointe son nez, une montée assez raide mais courte. Durant toute la première boucle j’analyse tous les passages en me disant systématiquement « bon, la ça passe mais faudra que je repasse avec 90km de plus dans les jambes ». Le parcours est très diversifié, avec des passages en ville ou dans des petits villages de Belgique mais aussi des passages en pleine campagne au milieux de champs à perte de vue et même par moment des passages en foret. Gros point négatif en revanche, l’état des routes, la majorité du tracé passe par des routes détériorées pleine de gravillons, des kilomètres de route faite avec des assemblages de dalles de béton de 5 mètres mises bout à bout et reliées entre elles par un joint d’étanchéité. Les ravitaillements sont espacés d’une vingtaine de kilomètres et très bien organisés. Le schéma est toujours le même, la première zone nous donne des bidons HIGH5 remplis de boisson énergétique, la zone suivante nous donne des bidons d’eau. Ensuite vient la zone de distribution des gels et celle des fruits coupé (bananes, oranges) puis de nouveau 3 zones de bidons (coca, boissons iso et eau) pour finir avec une zone de WC. Le tout encadré par deux zones de poubelle où l’on peut se délester de nos bidons vides et autres déchets. Les ravitaillements et leurs emplacements sont tellement bien pensés qu’il est possible de se ravitailler complètement sans s’arrêter. Arrivé à 45 km je me trouve au pied de la plus grosse difficulté du parcourt vélo, une monté vertigineuse tout en ligne droite et tres raide où l’on observe déjà de loin des concurrents ayant posé le pied à terre en train d’effectuer cette ascension à pied. Pour ma part elle s’est faite dans la douleur malgré mon développement de 39-28 mais toujours sur le vélo. Bien évidement la première chose à laquelle j’ai pensé en arrivant au sommet c’est comment se passera le deuxième passage en sachant que j’en serait à 130 Km, la réponse est « plutôt bien vu les circonstances ». Car effectivement si la météo est restée stable jusque la, au 80 ème kilomètre tout à basculé et les éléments se sont déchainés. La pluie, le vent et même des épisodes orageux avec pour décors au milieu des champs une véritable vision d’apocalypse. Ces orages ne m’ont pas particulièrement gêné dans l’absolu mis à part le fait qu’avec les routes mouillées il faut redoubler de vigilance pour ne pas glisser et tomber. Malgré les trombes d’eau qui s’abattent et le vent, la température reste bonne donc au final ça passe plutôt bien. ironmanLa totalité du parcourt vélo c’est très bien passé pour moi, il faut dire que j’ai tellement eu peur de me cramer pour le marathon que j’y suis aller vraiment tranquille, j’ai pris les 180 Km comme une longue ballade champêtre qu’on pourrait faire un dimanche de vacances en famille. Enfin quand je dis 180 Km c’est la distance théorique, parce que j’ai eu une drôle de surprise de voir dans le premier tour qu’à 90 Km je ne l’avais toujours pas bouclé. Oui j’avoue je suis complètement « technologico-dépendant », et quand je termine la première boucle et que mon GPS m’indique 93 Km je comprend tout de suite que le parcourt fera 186 Km au lieux des 180 prévus dans ma tête. Au final je vous l’accorde ça ne change rien. Me voici donc en approche du parc à vélo au bout de 186 Km de vélo parcourus en 7h28.

 Le Marathon:

ironmanArrivé sous la tente vestiaire de la deuxième transition je suis complètement trempé mais la pluie s’est arrêté et le soleil commence à faire sont apparition. comme pour la première transition je prend le temps de me sécher, de changer complètement de tenue et de m’alimenter, j’y reste 13 minutes avant de me lancer sur le marathon. Mentalement c’est relativement difficile de se dire qu’il nous reste un marathon à faire alors qu’on arrive déjà en fin de journée et que l’on a déjà presque 4 Km de natation et 180 Km de vélo dans les jambes, c’est pourquoi au moment ou j’entame la course à pied je ne pense qu’a atteindre le premier ravito. Le parcours se compose d’une boucle de 10,5 Km à faire 4 fois avec un ravitaillement tous les 2 Km, dans l’ensemble assez plat, il n’y a qu’une difficulté, une montée raide mais courte avec pour tout le reste du plat ou du faux-plat descendant. tout se passe étonnamment bien pour moi quand on sait que la course à pied est mon point faible, je passe les deux premières boucles en 2h30 en me demandant à chaque pas, quand est ce que le couperet va tomber, à quel moment est ce que je vais passer à la caisse. La réponse ne se fut pas attendre bien longtemps, dans le troisième tour tout s’écroule, le physique, le moral, la sensation d’être au bout du bout du rouleau. Un gros malaise hypo me tombe sur le coin de la figure, au départ je me suis dis que j’allais marcher, que ça allait passer, sauf qu’en voyant que je venais de mettre 50 minutes pour faire 4 Km je me suis rendu à l’évidence, je dois m’arrêter et me requinquer correctement. je me suis assis sur le bord de la route (ou écroulé comme une m****, j’avoue que j’ai un léger trou de mémoire sur ce moment) et j’ai vraiment pris le temps de bien manger et de m’hydrater tout en parlant avec des spectateurs, un couple de Dunkerque en vacances dans la région que je remercie du fond du coeur de m’avoir soutenu à ce moment là. Apres 15 minutes de pause je suis reparti comme si de rien n’était. A l’entame du quatrième et dernier tour je vois Juju parmi les spectateurs, il a déjà fini en 12h37 (félicitation mon pote), et là, il me glisse une phrase qui résonnera durant les dix derniers kilomètres et qui me fera couler quelques larmes dans ce dernier tour, « dernier tour mon pote, tu l’as fais, lâches prise et profites, c’est gagné ». Et je l’ai écouté, ce dernier tour est le meilleur moment de mon Ironman, plus rien ne compte, j’ai l’esprit libéré, je profite, je partage mon bonheur avec les gens, les bénévoles, et je savoure chaque instant, chaque pas avant de passer la ligne d’arrivée, avant que tout ceci ne devienne qu’un souvenir.

Le final

ironmanCa y est, la voila cette fameuse ligne, avec une dernière ligne droite de 100m entre les gradins de spectateurs et les rangées de pompon-girls, avec un speaker au micro qui me regarde et me dit droit dans les yeux devant toute la foule encore présente: « Nicolas, YOU are an IRONMAN » la sensation est indescriptible. il m’aura fallu 14h54 pour boucler mon premier Ironman, sur la ligne mes première pensées vont pour mes parents, mes amis, tous mes proches,ceux qui m’ont suivit et qui ont cru en moi. au final cette course restera gravée à vie dans ma tête comme étant mon premier Ironman. Et je vous le dis, ça ne sera certainement pas mon dernier, l’expérience était trop bonne. A bientôt les geeks et rendez-vous sur d’autres courses tout aussi folles…

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