Retour sur l’ Interlac 2016 de Yoann…

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Samedi 14 Mai, à la veille des courses, l’équipe va récupérer ses dossards dans le village Trail sur l’esplanade d’Aix-les-Bains, Fanny, Marilyn et Francois sur le Marathon, Christian et moi sur l’Intégrale. Pour chacun, Gobelet couleurs Interlac, boisson de l’effort, boisson de récup, et casquette aux couleurs du partenaire principal HOKA one one, on est gâtés ! Quelques photos sur la ligne d’arrivée au cas où on ne la verrait pas le lendemain… La pression s’installe gentiment mais sûrement, c’est la première fois que je vais m’aligner sur un 80kms en montagne, difficile d’imaginer comment cela peut se passer.

interlac 2016

Dimanche 15 Mai, 1h30 le réveil sonne… non ce n’est pas une erreur, la navette qui nous emmène sur les rives du lac d’Annecy partira avec ou sans nous à 3h00. Les yeux piquent, surtout que couché un peu avant 22h, pas facile de s’endormir. Tout le matos était prêt pour ne pas réveiller le reste de l’équipe qui peut se permettre une grasse mat jusqu’à 6h, les veinards !

2h30, nous voilà en tenue, le sac sur le dos, la Fenix 3 chargée à bloc car on veut qu’elle tienne jusqu’au bout ! Nous partons à pied et endormis au point de rdv, par un temps sec mais pas si chaud, je suis content d’être en haut « thermal » avec la veste coupe-vent par-dessus…

3h10 notre car démarre, nous voilà partis, trop tard pour reculer. On arrive assez vite sur le bord du lac d’Annecy, on le devine mais il fait encore nuit noir. Nous voilà à Duingt, on regrette assez vite de descendre si vite du car pour la température mais il faut bien le laisser partir. Il n’est que 3h50, mais pourquoi la navette était prévue si tôt ? C’est ce que tout le monde se dit en cherchant à se protéger du vent frais. On fignole les réglages, je n’y avais pas pensé mais vu le ressenti, je me couvre la tête avec un buff en stock (ThyoSocks de la tête aux pieds !) et installe la frontale, règle les hauteurs des batons, puis fini ma bouteille de potion magique pour partir bien hydraté même si avec ce froid (ou la peur ?) cela m’oblige à aller souvent vers les buissons…interlac

4h40, direction le point de départ, pas tellement indiqué d’ailleurs par rapport au lieu où la navette nous a déposés, j’ai loupé une consigne ? Si on avait su, le point de départ semble plus confortable que notre précèdent abri. Un petit briefing du directeur de course Christophe Aubonnet puis il nous invite à se rapprocher du sas de départ.

5h00, le départ est donné, nous sommes environ 200 à partir pour l’Intégrale et une centaine pour ce même parcours mais en relais. Il y a des encouragements malgré l’heure, et le peloton de lucioles s’étire doucement sur les deux premiers kms de route qui nous font prendre de la hauteur. Partis très prudents, et après un arrêt technique dû à la sur-hydratation

… (Oui déjà !), on se rend compte qu’on est bons derniers ! Ce n’est pas grave, la course va être longue, l’objectif est de finir !

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Un chemin plus tard, nous nous retrouvons rapidement à grimper à la file indienne la très sympa « crête Cochette ». Le rythme est plutôt tranquille dans le trafic mais c’est bien pour se réveiller avec le jour qui se lève. Plutôt satisfait de mes sensations, je me sens frais, et ce n’est pas dû à la température qui pourtant doit être proche de 0° en atteignant le col à 1300m d’altitude. Et hop, 900m de D+ déjà fait après 1h15 min de course environ.

Sans trop faire de plat, on repart vite dans la descente ! interlacOn se méfie, la boue est omniprésente, la météo des jours précédents a bien détrempé le terrain. Les 600mD- sont vite passés, et on retrouve une température plus appréciable pour se balader dans la vallée de St Eustache par des chemins transformés en ruisseaux. Depuis la descente, l’extension complète de la jambe me fait mal derrière le genou mais je ne suis pas trop gêné pour le moment, le soleil apparait et me réconforte, j’espère que ça se passe en observant le Semnoz encore dans les nuages.

Le Semnoz justement on y arrive, après quelques côtes de vallée, la pente se fait plus sérieuse. Le travail des bâtons est vraiment efficace, interlacc’est la première fois quej’en prends pour une course, mais surement pas la dernière ! Les « pauvres traileurs » partis sans subissent vraiment.  Sans parler de ceux en chaussures de « Running » !! Moi j’étais en Speedcross sans penser vraiment à la boue à la base mais coup de chance, c’était elles qu’il fallait avoir !  A force de monter, je ne sais pas comment mais le genou est revenu, les quasi 1000mD+ ont remis les choses en place, et c’est motivé que j’arrive au ravito du Semnoz en moins de 4h.
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Tout y est, fromage, jambon, pain, boissons… et bénévoles sympas et prévenants, il ne manque que la soupe pour se réchauffer ! Malgré le soleil qui apparait de temps en temps il fait vraiment froid. Christian arrive à son tour, on discute un peu, on mange bien, tout cela en grelotant. Les gourdes remplies, on file avant de refroidir de trop, pas de chance, dans les nuages, on n’aura pas eu la vue sur le lac d’Annecy… et encore moins sur le Mont Blanc.

La descente du Semnoz comment dire… La boue, la boue et encore la boue, voilà le type de terrain rencontré et avec la pente avoisinant moyennement les 25% c’était finalement un savant mélange entre trail et…ski ! Plutôt très plaisant comme moment pour moi, les sensations sont là, les jambes aussi.

« L’ail des ours » piétiné embaume toute la forêt, c’est la première fois que je vois à quoi cela ressemble dans la nature, c’est ça aussi le Trail. On emprunte un petit bout de route qui nous emmène au superbe « pont de l’abime » qui surplombe les gorges du « Chéran », c’est vraiment superbe ! Un ravito en liquide et on repart, il faut s’attaquer à la deuxième grosse montée du jour pour 900mD+…

Une fois cela encaissé déjà 3000m de dénivelé derrière moi, je me disais que le reste n’était pas compliqué… belle erreur, ce que je pensais plus roulant n’était qu’une illusion ! Montées de 200mD+ puis redescentes, entre chacune, un peu de roulant ou on retrouve une petite foulée mais jamais pour très longtemps… Le temps passe mais les kilomètres pas trop… heureusement, je garde le moral et je profite du décor. Cela nous amène au ravito en eau du Chalet de la Plate, on prend notre temps, on discute avec les bénévoles toujours adorables, ils nous informent que le premier est arrivé déjà… on est à un peu plus de la moitié nous, ça calme ! Plus tard j’apprendrai que c’est Julien CHORIER qui termine en tête en à peine plus de 8h.

On repart vers le « vrai » ravito, en reprenant une bonne grimpette de 500mD+ vers une crête qui nous offre une fois en haut et non sans mal, un superbe point de vue sur Aix et son lac, la récompense est à la hauteur.

Interlac 2016Il n’y a plus qu’à redescendre vers le golet du Taisson mais c’est dur, il est temps de se retaper autour d’un festin, et enfin on y arrive ! Abondance, jambon, pain, soupe, tout y est ! C’est de loin les meilleurs ravitos que je n’ai jamais eu et l’effet est bien là, je ne souffre pas, la fatigue est là mais ne prend pas le dessus. Ici et là, des traileurs qui souffrent, qui hésitent à repartir, et d’autre qui ont déjà fait la boucle de 10kms et que l’on voit repasser et s’engager vers la descente sur Aix…

Aller on arrête de se gaver, de toutes façons on y repasse dans 10kms ! 😉

Et c’est reparti pour la boucle, et quelle boucle… sur les chemins et routes forestières destinées au ski nordique l’hiver, on prend des petites bosses qui nous usent, on alterne marche et course et je râle dans mon coin car j’ai l’impression que c’est vraiment pour atteindre les 80kms mais le décor n’est pas là. Puis on arrive sur une belle bosse, elle surplombe le lac, on le voit sur toute sa longueur… je retire ce que j’ai dit ! Et rapidement, le Revard et son belvédère, des touristes nous encouragent, cela fait du bien de voir du monde et cela nous indique qu’on va retrouver le ravito…

Sous la tente orientée vers la descente, on refait un peu le plein, cela fait 12h de course pour nous, cela commence à tirer mais étonnement, le moral est là et ce n’est certainement pas maintenant que l’on va s’arrêter ! Et aller, on part dans cette descente, la fameuse voie du train à crémaillère, on nous en a parlé un peu avant, prévenu qu’elle était dure, je suis agréablement surpris par le « bon » état du revêtement. On passe dans les tunnels, guidés par des lampions et on descend, on descend… même un peu trop ! En discutant pour passer le temps, on rate un changement de direction alors qu’on marche sur la rubalise qui nous indiquait un sens interdit ! Il faut le faire mais après 13h de course on n’est plus très lucide, on s’en rend compte assez vite et on remonte… allez, un petit 100mD+ c’est cadeau !

Puis c’est la sortie de la forêt, et là commence la partie la plus dure moralement ! D’ailleurs cela se voit, je n’ai pris aucune photo ! Entre passage dans des villages, petits chemins pleins d’eau et de boue, on en fini pas de tourner j’ai l’impression ! On serre les dents, les jambes courent encore et on remonte quelques coureurs ce qui nous motive. J’en ai vraiment marre arrivé à Mouxy, c’est le dernier ravito en eau mais moi je pensais arriver! Mais non, cela continu de tourner et retourner, on reprend des chemins puis enfin, on passe sous l’autoroute et le panneau nous indique que l’on entre dans la ville d’Aix les bains. Là encore des tours de pâté de maison nous font arriver sur le bord du Sierroz qu’on longera jusqu’à ce que je reconnaisse le secteur de l’esplanade…  Il y a plus de monde qui nous encourage, on continu en petite course, ce n’est pas maintenant que l’on va marcher ! Le reste de l’équipe qui était sur le Marathon un peu plus tôt est là, un passage devant le lac, et nous franchissons l’arche d’arrivée, accueillis par les organisateurs super sympas qui restent jusqu’au bout pour accueillir les derniers finishers, et c’est rempli d’émotions que l’on savoure ce moment… Cette fois c’est bon, on a le droit au cadre photo « Finishers de l’Interlac »…

Je me rends compte que j’ai appris pas mal de chose durant cette expérience. Déjà à bien m’y préparer, avec pas mal de bornes depuis le début 2016 et une bonne coupure de récup une semaine avant, j’avais la « caisse » durant toute la course (même si j’attendais mon pote Chrichri en haut des côtes, c’était mon garde-fou !) et courir 10Kms à la fin en était bien la preuve. Avec ça, j’ai bien géré mon alimentation et mon hydratation, je n’avais même pas faim en arrivant !

Après un mois écoulé, c’est toujours avec la même émotion que je regarde les photos, c’était vraiment une belle journée ce 15 Mai 2016 et je suis prêt à remettre ça ! C’était mon premier 80Kms en montagne, et malgré 4200md+ mesuré avec ma Fénix 3, finalement il ne faut pas avoir (trop) peur du D+, avec un entrainement sérieux cela se fait sans trop de mal même pour des « non montagnards », mais méfiez-vous du D- !! Mes quadriceps me l’ont rappelé pendant quelques jours après…

Oui c’est vrai j’aurais mis le temps pour le sortir ce CR ! Mais c’est un avis à froid que je vous donne, donc non influencé par le manque de sommeil, les tendons douloureux et courbatures qui m’ont fait boiter quelques jours, maintenant… j’ai déjà envie d’y retourner!

Un grand Bravo et Merci aux organisateurs et aux bénévoles, des gens adorables qui vous accompagnent d’un lac à l’autre pour devenir qui vous voulez…

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