Compte rendu grand trail des Templiers

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Après la Moin’hard en juillet dernier, afin d’avoir un nouveau challenge en ligne de mire pour garder la motivation et ne pas perdre les bénéfices de l’entrainement du premier semestre, il fallait trouver un objectif pour la fin d’année. Mon choix pour la grande course des templiers a été un peu forcé par mon pote manu et fortement recommandé par mon autre pote Fred déjà 2 fois finisher. Je préférais m’aligner sur un format type 40km ( contre 75km…! ), car au bout du compte, mon 1er trail (20km… ) était en 2012 et l’année 2013 a été ponctuée de malchance. Leurs arguments et le fait de participer à une course mythique ont eu raison de ma volonté à résister. Il faut oser et penser que l’on a de la chance de pouvoir courir plutôt que d’attendre. Donc début Août, c’était parti pour 12 semaines d’entraînements, un peu compliqué durant les vacances mais je me levais à 6h30, 7h pour faire mes séances ( 4 par semaine) . Après 3 semaines j’ai ressenti des douleurs dans les jambes alors je n’ai fait que du vélo les 2 semaines suivantes, mais le reste de la préparation s’est relativement bien passé, preuve en est que je n’ai pas eu besoin de voir mon ostéo depuis fin juin, c’est quand même bon signe.

TempliersLa logistique d’avant course a été idéale, avec des conditions de logement top ( un grand merci à mes hôtes). Nous sommes arrivés assez tard sur le salon du trail à Millau qui ce week end là, est à la 2ème place du trail au monde (après celui de la Réunion…) Des trailers de partout, et la pression commence à monter. On récupère le dossard et la puce tout de suite en entrant dans le salon, pour ce qui est de récupérer le sac coureur c’est à la sortie … Pourquoi ? Simplement pour que vous achetiez des choses qui seront peut être dans le sac coureur, ce que vous ignorez, trail Business avant tout… Une grosse partie des stands est occupée par la présentation de parcours  de courses qui se déroulent de part le monde. Ca reste sympa et ça fait rêver. Mais pour nous, c’est demain ! et demain c’est 75km, tu te rends compte Fabien que la plus longue distance que tu aies faite c’est 50km et à Paris ! Et oui, à un moment il faut se réveiller lol. A la sortie on retrouve des amis (et certains par hasard !  le monde du trail est petit …), on achète un pack de Templière, pas pour la récup ça marche pas mais pour le plaisir.

Fin d’après midi, il est temps de rejoindre le gîte des amis qui nous hébergent pour la nuit. Eux mêmes coureurs d’ultra, ils ont couru l’endurance trail la veille. Même s’ils portent quelques stigmates de la course, ils sont impressionnants de fraîcheur. Nous buvons leurs conseils (qui se révéleront précieux évidement, sans eux rien n’aurait été possible) en finissant de préparer nos affaires et nos sacs. La purée de patates douces du soir est délicieuse, et apparemment une vrai bombe énergétique ! Quelques cuillerées de crème diet sport coach et au lit, car même si l’on change d’heure ce week-end là, et c’est une source de stress supplémentaire, le départ de la course est à 5h15 et ça fait tôt. La nuit fut agitée tout même, un peu d’excitation et de stress mais surtout l’envie d’en découdre ! Réveil à 4h15( punaise …), les fruits secs réhydratés, un café avec une portion de crème et nous nous mettons en route pour le départ. Toutes nos affaires sont prêtes de la veille. Nous nous garons à environ 10 minutes de marche du lieu de départ. Il suffit de suivre la foule, nous faisons un passage express par les toilettes qui sont heureusement libre car on est pas large niveau timing.

Niveau alimentation, et ce n’est pas une mince affaire, sachant qu’ avec mon niveau je pars pour bien plus de 12H de course, j’ai pris l’option simplicité. Chaque heure, et dès le départ, un gel et une barre bien répartis. Niveau boisson je pars avec 2 bidons de 700, l’un avec de l’eau, l’autre avec de la crème version boisson. Un tube de sporténine, des gélules GU roctane, et 3 sandwichs ( pain, viande des grison, purée de noix de cajou, fromage).

Pour la gestion, ce sera en fonction du cardio, principalement pour les parties roulantes ( max 80%), souple dans les descentes, et les montées… ben comme tout le monde, comme on peut… Ne pas trop se faire « enfermer » avant la 2ème montée car il peut y avoir du monde et des bouchons, sans toutefois se mettre dans le rouge.

Templiers

La ligne de départ est pleine, 2500 coureurs prêts à grimper sur les causses, le speaker interviewe les élites qui sont dans leur sas. Nous réussissons à nous placer assez prêt pour vous faire profiter de la vidéo du départ. La pression monte pour de vrai cette fois quand la musique d’ERA commence. Une pression bénéfique de toute façon tout est prêt, j’ai suivi mon plan d’entrainement, la logistique sera au top, la météo clémente et la seule option c’est l’arche à l’arrivée et le sweat finisher, Il n’y en a pas d’autre.

Le départ est donné, évidemment devant ça part très très vite, même pas la peine d’imaginer en rêve voir une élite lol, c’est du niveau international. Durant les 2/3 premiers kilomètres c’est plat et bitume. Je pars tranquille, les 2 premiers km en 5’45, niveau cardio je suis large et tout le monde me double et veut se placer. Après 2,5km tout le monde marche dès le début de l’ascension, ( eh oui la journée sera longue ) ascension qui nous fait prendre 500m de D+ sur 3km, avec des passages assez raides, mais ce n’est pas très technique ( quand on marche …).

Templiers

En haut de cette première difficulté, un plateau d’une dizaine de kms, que je fais à peu près à 9km/h, sur des chemins larges alors que le jour se lève doucement. Un peu avant d’entamer la 1ère descente, vers le km 19, les premiers bouchons arrivent, on est littéralement à l’arrêt, à cause du rétrécissement du large chemin en single track. La descente est sympa, ça ne court pas vite à cause du monde, pas évidement de doubler et toute façon ce n’est pas non plus le moment de péter toutes ses fibres vu le reste du parcours. On arrive au village de Peyreleau, au 1er ravitaillement, km 22 en 3h de course, dans une ambiance de folie, l’ambiance des Templiers en fait. Il y a du monde à ce ravito, je retrouve mes amis qui me refont mes bidons de boisson et d’eau fraiche, me rechargent tout ce dont j’aurai besoin dans les poches de mon sac, me demandent comment je me sens afin de me conseiller pour la suite, vraiment c’est confortable d’avoir une telle logistique. Je mange une compote, puis un sandwich que je terminerai en marchant. Je prépare également mes bâtons, qui sont autorisés à partir de maintenant. Il faut monter tranquillement de toute façon il est presque impossible de doubler dans cette côte. Le prochain ravito est dans un peu plus de 10km.
La route vers ce 2ème ravitaillement se fera sans soucis particulier, si ce n’est qu’un peu avant le ravitaillement je suis un peu fatigué, j’ai un peu mal aux jambes. Bon ça fait 33km et presque 5h de course donc c’est normal. Au ravitaillement de Saint-André-de-Vézines, kTempliersm 33,  je prends une portion de crème Diet Sport coach, je bois de l’eau gazeuse et change de T-shirt. Mes amis m’avertissent que la partie qui suit n’est pas très difficile et qu’après avoir mangé un peu je me sentirai bien, donc attention à ne pas s’enflammer. Ils avaient complètement raison, comme toujours, ils connaissent le parcours par coeur. C’est reparti, les sensations ne sont  pas mal, je ne me sens plus fatigué, je suis vraiment dans la gestion de ces bonnes sensations. C’est roulant pendant environ 4km, sur des chemins faciles avec une (petite) ascension de 2km que je ferai sans les bâtons, et qui mène sur de jolis points de vue. La descente qui suit est assez cassante et usante car raide et assez technique. En bas de cette descente on se retrouve dans un sous bois technique où ça bouche un peu par moment et où il est compliqué de courir.

On vient de passer le marathon, et l’on est presque à 7h de course. Mes amis m’attendent au point d’eau à la Roque Ste Marguerite, je me pose un peu, je mange et m’étire un peu. La partie qui va suivre sera la plus longue car je ne reverrai pas mes accompagnateurs avant la barrière horaire de 12h30 (de course) à Massebiauau km 68. L’ascension de 3km et 300m de D+ vers le ravitaillement de Pierrefiche ne me parait pas difficile car je monte au train derrière les autres concurrents. En haut un petit plat, je commence à voir des gens qui sont vraiment très mal, pâles, et qui n’ont qu’une hâte: arriver au ravitaillement. Je me dis, fais gaffe ça arrive vite continue à bien t’alimenter et à prendre du salé, c’est la clé.

TempliersEn arrivant au ravitaillement qui se trouve dans une salle des fêtes, je fais un passage aux toilettes, ensuite une portion de crème diet sport coach, un morceau de pomme, un peu de fromage, et je m’apprête à repartir. C’est alors que je vois mon pote Manu, qui ne me semble pas au mieux après la montée à bloc. Je l’aide à faire son ravito et nous repartons ensemble. 20/30 min après en me retournant dans une petite montée je m’aperçois qu’il n’est plus là. C’est une portion compliquée également, des passages techniques, 18km sans ravitaillement, il faut rester lucide, et franchement c’est pas évident. Vers le km 56, soit 10h de course, je sens venir un coup de mou. Je n’ai pas forcement d’explication, j’ai sans doute dû être léger dans mon alimentation depuis le ravitaillement de Pierrefiche, qui remonte déjà à 2h. Et au bout de 10h, une moindre erreur et on passe à la caisse. Je m’arrête de suite prendre un gel, noix de cajou et petits saucissons dans mon sac. Cela me fait du bien mais il y a 2 côtes à monter et c’est le meilleur des remèdes. Je gère ces 2 montées tant bien que mal, le moral est bon mais les sensations ne sont pas très bonnes et ce pendant bien 1h45. 1h45 où j’aurais dû mieux gérer mon alimentation post hypo, facile à dire avec recul. On ne se prépare pas vraiment à ce genre de soucis, ce sera un grand enseignement que la gestion de ce passage à vide. C’est pas le tout mais la barrière horaire se rapproche et je commence à me dire que ça va être short. Manu me rejoint au km 62 environ. Il a eu un passage à vide et le voila frais comme une fleur. C’est souvent comme ça avec lui, il a un gros passage à vide et derrière il renait, vraiment impressionnant. La barrière horaire à 12h30 de course est sensée être à 65km à Massebiau. En fait sur nos montres elle est presque à 68km, ce qui évidement change tout… Je me sens mieux et nous faisons la descente assez rapidement ( à la vitesse de 2 gars qui viennent de courir 65km …)pour attraper cette barrière, c’est la dernière, et après il n’y a pas de délai pour franchir la ligne d’arrivée. Pas évident de passer dans certains passages, où des concurrents qui marchent ne se poussent pas vraiment pour laisser passer ceux qui courent. En fin de descente nous croisons des gens qui disent que les organisateurs ont rallongé la barrière de 10min. C’était faux… De toute façon nous voulions à tout prix être à Massebiau à 17h30, à la vraie barrière horaire, et nous l’avons fait ! Maintenant y a plus qu’à rallier l’arrivée. Les 2 dernières ascensions ont une réputation terrible, et je comprends pourquoi. Nos amis qui attendaient à la barrière de Massebiau, sont super contents pour nous (c’est vraiment grâce à eux si on est là). ils nous ravitaillent avant de nous laisser monter à la ferme du Cade.

TempliersLa nuit tombe vite et nous allons mettre une grosse heure pour arriver au ravitaillement. Les bénévoles nous attendent en hurlant nos prénoms et offrant soupe, fromage barres etc, vraiment sympa. On serait bien resté plus longtemps mais on a encore de la route lol. Une vingtaine de concurrents sont assis dans la salle, ils attendent, je ne sais pas quoi mais beaucoup paraissent épuisés et hagards. Je ne sais pas comment ils ont rallié l’arrivée mais  nous avons vu le serre file dans la descente qui disait qu’il fermait derrière nous. Je ne sais pas comment ils ont été classés.  La descente est raide, on est vraiment fatigué, et la pire des ascensions de la course est à venir… La dernière montée est très très raide, des passages à quatre pattes, autant dire qu’après c’est de l’escalade. Des passages à 49% sur Strava. Et la descente… ben c’est la même chose. Même à une faible vitesse, mes jambes crient à chaque pas. Enfin l’arrivée, et quel accueil. Nous sommes accueillis par les athlètes élites qui ont participé au match « France Vs le reste du monde », ces derniers nous sautent dessus pour nous féliciter. Mr Dominique Chauvelier himself, un des speakers de luxe de la course et nos amis qui 4h après nous avoir laissés à la barrière horaire nous attendent dans la nuit à l’arrivée. Mille merci à eux.

Quelle journée, un grand moment de vie et d’humilité, nous sommes finishers des Templiers, alors que je n’y aurais même pas rêvé il y a 3 ans. Je suis passé par toutes les émotions durant ces 16h30, la joie, l’excitation, l’angoisse et le doute de la barrière horaire, puis la joie de la passer ric rac, la faiblesse et les bonnes sensations, bref un vrai ascenseur émotionnel que le trail peut offrir et en particulier l’ultra. On y prend goût et je pense vraiment que je retournerai à Millau pour refaire cette course magique, à la super organisation,(le seul bémol, tous les concurrents n’ont pas eu un cadeau à leur taille, il faudrait vraiment faire quelque chose la dessus). J’espère que je ferai un  meilleur chrono mais vraiment après cette expérience ce n’est vraiment pas le plus important.

 

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